lundi 3 janvier 2011

FESTIVAL FLAMENCO - Du 10 au 22 janvier 2011

Nîmes, ville aux forts accents ibériques, n’est pas espagnole qu’à travers la relation privilégiée entretenue avec l’univers de la tauromachie. Le flamenco fait partie de la culture nîmoise et le festival que la Ville et le Théâtre de Nîmes organisent depuis 1989, semble être le rendez-vous privilégié des aficionados de cet art. Au cœur de l’hiver, la Cité accueille les guitares, les chanteurs et les danseurs, les gitans et les andalous, créant ainsi une ambiance chaleureuse et créative, unique en France. Ce festival, dont la renommée est désormais internationale, considéré comme l’un des plus grands rendez-vous de ce genre en Europe, rassemble chaque année des artistes de haute qualité, allant des grandes figures, aux talents plus méconnus. Je dois dire qu’en 2011, la programmation est encore une fois remarquable et annonce une fête belle et réussie, dans les lieux officiels, comme dans les endroits plus informels. Au Théâtre de Nîmes et à l’Odéon, mais aussi dans les bars et les restaurants, les amoureux du flamenco pourront vibrer au son si particulier de la voix des chanteuses et des chanteurs tels Lole Montoya, Jesús Mendez, Luis El Zambo et bien d’autres encore. Que la fête commence !

Vents de Jerez et grandes dames !
Les feux du XXe anniversaire se sont éteints et le festival de Nîmes reprend sa route avec plus de maturité, riche de ce long parcours initiatique, plus confiant et gourmand que jamais. Pour sa XXIe édition, dédiée au grand chanteur Fernando Terremoto, disparu en février dernier à l’âge de 40 ans, le festival se souvient avec émotion du grand récital du fils de Terremoto de Jerez offert ici-même en 2009. Nîmes appartient désormais à la géographie intime du flamenco et atteint maintenant une forme de sérénité. Il s’agit de construire son futur et d’imposer sa marque, son exigence, sa sensibilité, en écho fidèle aux attentes d’un public attentif et averti. Pour cette nouvelle édition, j’ai souhaité une nouvelle tonalité graphique que j’ai demandé à Ildelfonso de Los Reyes Bermudez dit Pelé, artiste peintre vivant à Jerez, également chanteur-musicien du groupe Navajita Plateá qui clôturera le festival. À lui seul, Moraíto Chico donne le ton de ce cru 2011. Il est question ici d’eau vive et de sonorités qui ont quelque chose à voir avec la lumière tombée du ciel de Basse Andalousie. Autour de ce guitariste magnétique, Jerez donne aussi de la voix, et quelles voix : Luis El Zambo, les trois grandes dames de Mujerez (La Macanita, Juana la del Pipa et Dolores La Agujeta), Jesús Mendez ou le duo de Navajita Plateá. L’occasion rare de découvrir en quelques jours le foisonnement de Jerez de la Frontera, Mecque flamenca, dont l’une des figures, Diego Carrasco, viendra seul, guitare en main, clore cet hommage très réjouissant. Des voix, il y en aura d’autres, dont celle de Lole Montoya, la star des années quatre-vingt du duo Lole y Manuel, qui signe ici un émouvant retour. Elle sera également aux côtés de José de la Tomasa, autre chanteur historique, et de la danseuse gitanissime Concha Vargas, pour le dernier spectacle d’Andrés Marín, le danseur de la violence intérieure. Face à ce risque-tout incendiaire, trois grandes dames du baile, Belén López, Rafaela Carrasco et Belén Maya, raconteront en beauté toutes les nuances et la force de la danse au féminin. Et ce seront elles, les femmes, avec aussi la Nîmoise Melinda Sala, qui construiront le deuxième pivot de ce XXIe festival. Face au flamenco bouillonnant de Jerez et de ses voix magiques, les danseuses vont se livrer aux flammes. Au cœur du cratère, la guitare luxuriante de Moraíto Chico et le corps tendu à se rompre d’Andrés Marín, danseur météore. Nîmes, déjà, s’impatiente !


François Noël
Directeurhello,

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