29e FESTIVAL INTERNATIONAL du FILM FANTASTIQUE de BRUXELLES
7 au 9 AVRIL 2011.
Depuis son apparition, le cinéma fantastique n’a cessé de puiser son inspiration dans les mythes et croyances populaires. De La Féline de Tourneur au Minority Report de Spielberg en passant par Soleil Vert de Fleischer, la grande majorité des films de genre avait un point commun : l’extraordinaire surgissait inéluctablement de l’extérieur. L’élément perturbateur pouvait revêtir plusieurs formes : extra-terrestres, zombies, virus, monstres, insectes… Le bestiaire tout entier de l’humanité a ainsi été passé à la moulinette du fantastique !Malheureusement, la source semble s’être tarie. Ces dernières années, de fades déclinaisons de gros succès ont parasité les écrans de cinéma jusqu’à la saturation : l’enveloppe avait beau changer, le spectateur recevait tout le temps la même lettre.
Mais, alors que le genre « mainstream » était au bord de la ringardisation, l’avant-garde du fantastique a compris la nécessité de changer, de s’adapter. Pari réussi puisque le genre vient de rentrer de plain-pied dans le siècle de l’introspection.
La sélection du 29e BIFFF foisonne de ces thématiques nouvelles, où l’ennemi intime n’est autre que soi-même, où l’extraordinaire vient de l’intérieur. Comme si l’on venait de découvrir dans les abysses d’un cerveau exploité à seulement 10% de ses capacités un filon aussi rentable qu’intéressant.
Schizophrénie, psychologie déviante, aliénation… Bref, toutes ces pathologies de l’esprit qui auparavant servaient de caution complaisante sont désormais au centre de l’histoire : après un siècle braqué sur la paille du voisin, on s’intéresse enfin à notre poutre.
Cependant, si la tendance est claire, chacun réagit à sa façon : les asiatiques restent partagés entre pudeur poétique (One Day, Ayu) et expression anarchique de la névrose (Hell Driver, Tetsuo), tandis que les scandinaves envoient leur réserve légendaire au placard pour déboulonner leurs folklores avec grand fracas (Troll Hunter, Rare Export : a Christmas tale). Mais la grande surprise, cette année, vient d’Europe de l’Est, qui dégaine des œuvres ouvertement hostiles à toute lecture primaire en abordant de front un surendettement psychologique qui nous guette tous (Strayed, The Temptation of St Tony).
Avec un menu pareil, autant vous dire que l’équipe du BIFFF vient de se mettre une pression redoutable puisqu’il s’agira de faire encore plus fort pour la trentième édition ! Personne ne connaîtrait un psy pour nous aider, par hasard ?
(Source: http://www.festivalfantastique.org/festival/fr/editofr/)
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